Dans la secte - UNADFI

Et la secte vous prend sous son emprise... Par L'UNADFI (1) http://www.unadfi.com/
 
Postface
 
 
Litinéraire de Marion est emblématique de la façon dont un futur adepte peut entrer puis évo­luer au sein d'une secte.
 
 
 
Premier temps : la rencontre fortuite
 
A u départ, Marion se confie à une per­sonne dont elle ne sait pas qu'elle est adepte de la Scientologie. Cet échange se fait par hasard mais il s'inscrit dans un contexte particulier mais, somme toute, banal : la confiance. Marion a une confiance aveugle en cet ami. C'est un trait assez caractéristique des adeptes démar­cheurs de presque toutes les sectes : leur aptitude à mettre les gens en confiance de façon à ce que les défenses tombent. Si le contact avec la secte se faisait sans mise en confiance préalable, l'adepte potentiel refuserait sans doute d'admettre le contenu doctrinal et les pratiques spécifiques au groupe sectaire.
Première idée fausse balayée cri quelques bulles :
l'adepte entre volontairement dans la secte. En réalité cette entrée ne se fait pas par un consentement autonome : le futur adepte ignore ce à quoi il s'engage, il est leurré par l'apparence séduisante et trompeuse de la secte que va lui présenter l’adepte recruteur, véritable démarcheur perpétuel. A toute autre échelle, au niveau de la propagande planétaire, les célébrités du show-biz remplissent ce même rôle, obéissant ainsi à un des innombrables préceptes de Ron Hubbard, fondateur de laScientologie et théoricien de la pseudo philosophie qui la sous-tend, la Dianétique, à savoir persuader le plus grand nombre de consommateurs de vérité sectaire.
Comme l'illustre l'expérience de Marion, la rencontre d'un futur adepte avec une secte repose sur la correspondance des attentes diffuses que nourrit cette personne, avec les réponses apportées par un de ses adeptes. Il faut également que le moment pour cette rencontre soit favorable. Si une de ces trois composantes fait défaut, une attente, des réponses et un moment particulier il y a fort à parier que la rencontre restera sans lendemain.
Jusqu'à maintenant, Marion n'a pas encore ren­contré la secte. La discussion avec Raphaël aurait pu n'être qu'une discussion banale, ordinaire, sans conséquence.
Mais ce premier temps, celui de la rencontre, s'il s'est bien passé, peut déboucher sur une prise de contact avec le groupe.
 
 
 
Deuxième temps : le contact avec la secte
 
Marion se retrouve entourée de chaleur et de convivialité, qui proviennent cette fois non plus d'une seule person­ne mais d'un groupe. Elle se sent " reconnue ", valorisée comme elle l'a rarement été. C'est à ce moment-là que va lui être dévoilé ce qui fait le ciment du groupe, ce qui nourrit le sentiment d'appartenance : les scientologues chargés de l'en­cadrer lui exposent un premier pan du projet uto­pique dans lequel Marion va pouvoir s inscrire. Elle découvre une vérité qui, de surcroît, est de nature à la protéger contre les agressions de la société et les échecs de sa vie. Un bonheur d'autant plus parfait que cette vérité est présentée sous des aspects scientifiques qui font taire toutes les inter­rogations que le doute pourrait faire naître : se transformer pour transformer le monde!
 
Dans un état de confiance total en ces nouveaux amis et en cette méthode aux apparences scienti­fiques, Marion se soumet sans réserve à la batterie de tests scientologues. Ce même type de tests sert à la secte pour aborder les étudiants à la sortie des établissements scolaires. Rien n’est plus efficace que de parler à autrui de lui-même. Grâce à ce questionnaire la scientologie flatte le narcissisme de celui qui, à son insu, est déjà devenu une cible. La démarche est essentiellement commerciale, mais celui qui en est l'objet ignore encore qu'on veut lui vendre quelque chose ; il est loin d'ima­giner qu'il existe Un « psycho marché » dont il va devenir un consommateur dépendant !
Le test scientologue remplit un double rôle: sous son apparence scientifique, il flatte le narcissisme du client potentiel et permet ainsi d'abaisser son degré de vigilance. Mais il permet aussi et surtout à l'auditeur scientologue de recueillir sur le futur adepte des informations intimes, livrées "sponta­nément ", qui pourront ultérieurement être utili­sées contre lui comme moyen de pression ou de chantage.
L'endoctrinement se fiait tout d'abord en douceur. Prise isolément, chacune des pratiques que la secte met en oeuvre sous le prétexte d'une " puri­fication "physique aussi bien que psychologique peut sembler anodine et même bénéfique : jog­ging quotidien, sauna, travail manuel, pseudo analyse de soi au travers de l'audition via l’électromètre... Pourtant, leur cumul n'a d'autre but que d'amener l’adepte à un état d'épuisement, d'isole­ment à une coupure totale avec un monde extérieur diabolisé, à un formatage psychologique, à un appauvrissement des affects - surtout lorsqu'elles vont de pair avec une nourriture insuffisante, une étude permanente de la doctrine excluant toute lecture extérieure...
Cet endoctrinement est supposé résoudre toute angoisse existentielle. La certitude d'avoir enclen­ché un processus d'évolution personnelle nourrit chez l'adepte le désir d'en savoir plus, le désir d'initiation, l'émulation.
 
 
 
Troisième temps : l'embrigadement
 
L'adepte va voir apparaître des contraintes nouvelles et des interdits pesants qui génèreront accessoirement des problèmes familiaux et financiers.
Plus l'adepte perd le sens du réel, apprend à vivre dans la réalité fantasmée de la secte, s'en­fonce à son insu dans un affaiblissement psy­chique et physique, plus l'embrigadement peut devenir prégnant et irréversible jusqu'au stade de la manipulation mentale, de l'enfermement psychique et physique.
L'adepte qui avait connu le plaisir de l'émulation et de la compétition, va basculer dans le monde sectaire des rivalités entre adeptes et du danger qu'incarne l'excès de zèle. Il va vivre l'apparition du devoir et de la culpabilité, l'écrasement de la personnalité, la perte de l'identité et de l'indivi­dualité.
 
Cette descente, cet affaiblissement, Marion les a subis. Elle présente d'ailleurs dans son récit quelques techniques de mise en état de sujétion utilisées par la scientologie mise en confiance grâce au processus d'audition ; aveu de quelques écarts par rapport à la morale utilisés ultérieure­ment contre l'adepte ; reconnaissance, considé­ration, envie de changer de vie, critiques du milieu familial qui renforcent involontairement le processus d'adhésion ; fatigue physique qui génère irascibilité avec l'extérieur et mal être promesses d'acquérir des pouvoirs sur les autres acquisition d'un langage spécifique et d'actions réflexes ; rupture sociale ; promotion - émula­tion dans la secte ; travail non rémunéré et non déclaré générant une fatigue physique allant de pair avec une occupation intellectuelle par imprégnation continue de la mono pensée du groupe...
 
 
 
Quatrième temps: la sortie
 
Marion aurait pu rester dans la sciento­logie en sesatisfaisant de son état d'inféodation, d'allégeance, sécurisée par la répétition de situations décrites par Hubbard et sa doctrine : une forme de vie par procuration d'où toute vraie liberté aurait été bannie. Elle aurait pu continuer à gravir les échelons, reconstruisant ainsi une vie artificielle dans ce monde de science-fiction aux valeurs appauvries, finissant par s'identifier au modèle du gourou jusqu'à en être réduite à perpétuer le modèle auprès de nouveaux tuturs adeptes.
Marion aurait pu aussi dépérir dans la secte et mourir comme Raphaël et tant d'autres à jamais anonymes, épuisés mais convaincus d'avoir atteint l'état de "thétan" que leur promet la scien­tologie.
Marion est sortie de la secte parce qu'elle a sombré dans un état pathologique dépressif provoqué par le conflit intérieur né de la confrontation imprévisible avec une expérience d'empathie extérieure au groupe, grâce à l’attitude d'ouverture et de lucidité de JP .
Cette relation accidentelle d'amitié vraie - que Marion ne peut que comparer avec la relation déshumanisante et déstructurante que lui offrent ses co-adeptes scientologues - sera l'élément imprévu qui permettra à Marion de prendre conscience de son aliénation.
Ce déclic salvateur réintroduit le doute chez la jeune femme et permet Sa libération. Marion sonde la secte, mais comme elle le dit, la secte mettra du temps à sortir d'elle-même. Et suprême entourloupe, la scientologie la privera du processus de reconnaissance sociale que Marion attendait, en achetant son silence. Coup double pour la secte : elle réduit au silence un ancien adepte (et d'une certaine façon continuer à triompher de lui) ; elle échappe à un des critères de dangerosité sectaire - le nombre de démêlées judiciaires - retenu dans le rapport parlementaire fiançais de référence pour qualifier une organisationde secte.
 
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